Pourquoi les blanchisseuses ?

Pourquoi les blanchisseuses ?

Une entrée sur les blanchisseuses et uniquement les blanchisseuses. Idée banale ou géniale ? J’avais décidé assez vite que mes héroïnes seraient blanchisseuses. Blanchisseuse, parce que ma grand-mère, parce que sa mère, parce que sa belle-mère et la grand-mère de mon grand-père. Parce que ma grande-tante. Parce que Rose, Marie, Clara, Anna et Liliane donc. Parce que de mes origines, j’en avais déduit que blanchisseuse devait être un métier répandu à l’époque chez les femmes qui travaillaient.

Alors j’ai été chercher et j’ai constaté que je n’avais à disposition aucune synthèse historique sur les blanchisseuses. J’ai cherché avec le mot lavandière, son équivalent, et je ne suis alors tombée que sur des livres grand public sur les métiers d’antan. Comment est-il possible qu’aucun historien ne se soit sérieusement penché sur les blanchisseuses ? Mépris des métiers ouvriers féminins ? Métier trop pauvre, trop prolétaire ? Trop artisanal aussi peut-être, la blanchisseuse est plutôt du côté de l’artisan que de l’ouvrier d’usine, si cher à l’imaginaire ouvrier.

Quand je pense aux Blanchisseuses, je pense à Gervaise. Je pense à elle parce que la lecture de l’Assommoir – dont elle est le personnage principal – d’Emile Zola m’a marquée à jamais et parce que quand ma grand-mère était fatiguée de raconter le Paris de son enfance et de ses parents, elle me disait « va lire Zola ». Et en relisant l’Assommoir, je me suis écriée soudainement, « il faut sauver Gervaise ». Je voudrais en faire un titre. Je ne sais pas si ce sera le titre final de l’œuvre en création, mais il est temps de sortir les blanchisseuses de l’oubli. Une toile d’un certain Chardin a deux titres : La blanchisseuse ou Une petite femme en train de savonner. Nos héroïnes ne seront pas des petites femmes. Ça ne veut pas dire qu’elles seront des super-Héroïnes. Nous allons travailler avec la normalité des femmes et à défaut de traces historiques précises des blanchisseuses, nous partagerons nos expériences de femmes à 150 ans d’écart. Nous ne faisons pas un travail historique.

Cette bulle sur les blanchisseuses, c’est le lieu où nous déposerons ce que nous allons trouver au fur et à mesure sur ces blanchisseuses.  Et peut-être qui sait à la fin, on finira par comprendre un peu mieux le métier et la vie des blanchisseuses, des femmes et plus si affinités.

 

Anouk Colombani

 

Image : Rose et Maria, Pierrefitte sur Seine, XXIe siècle.

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